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Emotion

Elfe émotion
L'un des premiers traités sur les émotions est dû au philosophe René Descartes. Dans son traité Les Passions de l'âme, Descartes identifie six émotions simples : « l'admiration, l'amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse » et toutes les autres en sont composées de quelques de ces six ou bien en sont des espèces.
Une émotion est une réaction psychologique et physique à une situation. Elle a d'abord une manifestation interne et génère une réaction extérieure. Elle est provoquée par la confrontation à une situation et à l'interprétation de la réalité. En cela, une émotion est différente d'une sensation, laquelle est la conséquence physique directe (relation à la température, à la texture...). La sensation est directement associée à la perception sensorielle. La sensation est par conséquent physique. Quant à la différence entre émotion et sentiment, celle-ci réside dans le fait que le sentiment ne présente pas une manifestation réactionnelle. Néanmoins, une accumulation de sentiments peut générer des états émotionnels.
L'émotion peut se définir comme une séquence de changements intervenant dans cinq systèmes organiques (cognitif, psychophysiologique, moteur, dénotationnel, moniteur), de manière interdépendante et synchronisée en réponse à l’évaluation de la pertinence d’un stimulus externe ou interne par rapport à un intérêt central pour l’organisme.
Dans « Toutes les émotions en deux forces : Damasio et le “système JP” », paru chez PSN (Psychiatrie, Sciences humaines, Neurosciences) en 2017, Albert Assaraf, d'une part, montre la fragilité du classement des émotions établi par Antonio R. Damasio, et, d'autre part, propose une classification cohérente des émotions juste en combinant, tout comme pour les performatifs, les deux uniques constituants de la relation, la jonction et la position.
Damasio subdivise, en effet, les émotions en émotions primaires et en émotions sociales.
Les émotions primaires (ou de base) comprennent, selon lui, la peur, la colère, le dégoût, la surprise, la tristesse et le bonheur.
Les émotions sociales comprennent, poursuit Damasio, la sympathie, l’embarras, la honte, la culpabilité, l’orgueil, l’envie, la gratitude, l’admiration, l’indignation et le mépris9.
Sauf que, fait remarquer Albert Assaraf, cette classification des émotions proposée par Damasio n'est pas sans poser problèmes :
En quoi la colère, dit-il, est-elle moins sociale que l’indignation ou le mépris ? [...] Par quel moyen obtenir ici une vision d’ensemble de ce qui oppose le dégoût à la sympathie, l’admiration au mépris ; ou encore de ce qui fait que l’orgueil s’exprime par un gonflement du corps, [...] « les yeux sont grands ouverts et regardent droit devant ; le menton est haut ; le cou et le torse sont aussi verticaux que possible ; la poitrine est remplie d’air ; le pas assuré  » [dixit Damasio] ? Tandis qu’à l’inverse la honte s’accompagne d’un affaissement du corps, comme si ce dernier tentait de se rendre le plus petit possible10.
Une fois montré le caractère éminemment relationnel de chaque émotion référencée par Damasio, Albert Assaraf propose une classification de bout en bout cohérente établie sur la base du seul système JP. Avec au bout sept grandes familles d’émotions, ayant la propriété de se combiner et de s’imbriquer à l’infini comme des instructions informatiques.
1. Les émotions destinées à exprimer une con-jonction forte (la sympathie) ou au contraire une dis-jonction forte (le dégoût).
2. Les émotions destinées à exprimer son désarroi face à une perte risquant d’avoir lieu (la peur) ; ayant déjà eu lieu (la tristesse) ; ou ayant été occasionnée par autrui (l’indignation).
3. Les émotions destinées à exprimer son euphorie face à un gain ayant des chances d’avoir lieu (l’envie) ; ayant déjà eu lieu (le bonheur) ; ou ayant été favorisé par autrui (la gratitude).
4. Les émotions destinées à inhiber les ardeurs de la position (la honte, la culpabilité) ou au contraire à les stimuler (l’orgueil).
5. Les émotions destinées à propulser autrui vers le haut (l’admiration) ou au contraire à le ravaler vers le bas (le mépris).
6. Les émotions destinées à réguler la relation en cas d’abus ou de non respect du statu quo ante. Soit en mettant sur la balance tout le poids de sa position, quitte à sacrifier la con-jonction (la colère) ; soit en mettant la pédale douce sur la position, pour préserver intacte la con-jonction (l’embarras).
7. Les émotions destinées à exprimer son étonnement face à une information entrante dans le cerveau venant perturber les données classées le long de l’échelle de forces intime (la surprise).
La plupart des théories de l’émotion soutiennent l’idée que la nature spécifique de l’expérience émotionnelle dépend du résultat d’une évaluation d’un évènement en termes de significativité pour la survie et le bien être de l’individu. Dans la théorie de Scherer, le set de critères permettant d’évaluer l’évènement est appelé « stimulus evaluation checks (SEC’s) ». À la suite du résultat de cette évaluation, il sera possible de prédire le type et l’intensité de l’émotion élicité par l’événement. Les SEC’s sont organisés autour de quatre objectifs principaux qui se subdivisent encore en objectifs secondaires. Les SEC’s majeurs correspondent aux types d’informations les plus importantes dont a besoin l’organisme pour avoir une réaction appropriée. Il s’agit de :
1. Est-ce que cet évènement est pertinent pour moi ? Est-ce qu’il affecte directement ma personne ou mon groupe social ? (pertinence)
2. Quelles sont les implications ou les conséquences de cet évènement et à quel point vont-elles affecter mon bien-être ou mes buts à court et long terme ? (implications)
3. À quel point suis-je capable de faire face à ces conséquences ? (potentiel de coping)
4. Quelle significativité a cet évènement par rapport à mes convictions personnelles ainsi que face aux normes et valeurs sociales ? (significativité normative)
L’évaluation de ces checks se fait toujours de manière subjective. Elle dépend donc des perceptions et des inférences que peut faire un individu d’une situation. De plus, comme déjà suggéré par Lazarus et Folkman (1984), l’évaluation n’a pas lieu qu’une seule fois, elle se répète dans un processus nommé réévaluation (« reappraisal ») qui permet de se réadapter progressivement à l’événement.
Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Émotion
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